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JARDINS EXOTIQUES

Ensamble Moxos festival des abbayes

ENSAMBLE MOXOS

AMERICA !...LES 
INDIENS ARRIVENT.

mercredi 16 mai

19h00

cathédrale saint dié

réservez

info+


Indiens Moxos festival des abbayes

ENSAMBLE MOXOS - Bolivie

«Ce qui m’émerveille, en tant que ­Bolivienne, c’est que l’Ensemble Moxos illustre la réalité des échanges qui ont eu lieu entre les missionnaires et les populations natives. Cette symbiose a continué à se nourrir après l’expulsion des jésuites par le roi d’Espagne, en 1767.»


San Ignacio fut une «réduction jésuitique» : un village placé par les jésuites sous leur protection pour «sauver» les indigènes des rapines et des massacres. Dans ces réductions, se développèrent des microsociétés utopiques où la religion catholique s’accommodait des croyances indiennes. Ce que les dominicains, ennemis jurés de la compagnie de Jésus, dénonçaient. Le roi Charles III s’en émut et expulsa, en 1767, les jésuites de tous les territoires de la couronne d’Espagne.

ENSEMBLE MOXOS

En Amazonie bolivienne, de jeunes musiciens maintiennent vivante la musique baroque enseignée dans les missions jésuites quatre siècles plus tôt.


ENSAMBLE MOXOS

CLAUDIO TECO VELASCO
basse soliste, violon & percussion

JESÚS NUNI YACA violoncelle & viole de gambe

SIXTO LIMAICA JAVIVI ténor soliste et violoncelle

ALCIDES LIMAICA JAVIVI
orgue, bajon nativo (flûte de Pan indienne) & flûtes traditionnelles
ABRAHAM CUELLAR OVE clavecin & percussion

MIGUEL ÁNGEL GUZMÁN NOE
violon & flûte à bec soliste

DAMIÁN GUARDIA SALAZAR
guitare baroque & théorbe

MARCELO ANDRÉS GUZMÁN TUDELA
flûte traversière & flûte à bec

FABRICIO ALEJANDRO ZELADA VACA violon

MAX MOLLINEDO NOSA
basson baroque et bajon nativo

LUZ GENNIAR APASE CAITY
contrebasse et alto soliste

SANDRA YACA MAEMO hautbois baroque & alto

NELVY VELA CAYU
soprano soliste, flûtes traversière & à bec

JÉSICA VALERIA TIBUSA GUALUO
soprano solo, flûtes traversière & à bec

CLARA DURÁN TECO violon & soprano

ARAMÍ FERNANDA HUMAZA ROJAS
soprano solo & violon

LORENZA ANGÉLICA LIMAICA JAVIVI
violon & alto


RAQUEL MALDONADO VILLAFUERTE DIRECTION


dossier indiens moxos

PROGRAMME
mercedi 16 mai / 19h
cathédrale Saint Dié
Réservation et billetterie à partir du
mercredi 18 avril
"PASSION INDIENNE"

Reconstitution d'une Semaine sainte dans une mission jésuite du Vendredi saint au Dimanche de Pâques
tout le programme

Raquel Maldonado festival des abbayes

Les Reductions jésuites
Raquel Maldonado - direction


«Les jésuites sont partis, mais ils ont laiss
é la musique qu’ils enseignaient aux Indiens. Les habitants de notre région, le Gran Moxo, ont perpétué ce patrimoine sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui :des chants en espagnol, en langue indigène, voire en latin. Des familles ont même conservé des partitions manuscrites, recopiées de génération en génération à mesure qu’elles s’abîmaient par des gens qui ignoraient le solfège. Quand nous avons créé notre école de musique, en 1986, nous nous sommes donné pour tâche de réunir ces manuscrits. Village après village, nous avons rencontré les détenteurs de ces documents. Leur première réaction a été la méfiance : ils se sentent investis de la mission divine de conserver ces partitions, et le fait que nous jouions cette musique aussi hors de l’église leur déplaisait. Après avoir donné maintes preuves de notre foi, la plupart des familles nous ont confié leurs manuscrits, tous inédits, que nous avons intégrés à notre répertoire.»



Raquel Maldonado, une femme menue, douce et déterminée, retrace l’histoire du groupe qu’elle dirige «Nous venons de San Ignacio de Moxos, un gros village de 8 000 habitants, dans une des régions les plus isolées de Bolivie. Trinidad, le chef-lieu de la province, est à deux heures de piste, mais quatre mois durant, les crues nous coupent du monde.»


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Amériques festival des abbayes

SPECIAL SCOLAIRES
SAINT-DIE, Marraine de l'Amérique...


Le Festival en 2018 aborde avec les élèves des collèges la découverte d’un nouveau continent où accoste Christophe Colomb.

Nouvelles saveurs, nouveaux légumes, les botanistes découvrent un monde totalement inconnu.
Bien loin de là, en 1507, à Saint-Dié des Vosges, des savants réunis par le Chanoine Vautrin Lud dressent une carte du monde où le nouveau continent apparaît bien distinct de l’Asie, doté pour la première fois d’un nouveau nom : «America»...

Dans le même esprit que l’an passé, musique, rencontre et découverte se dérouleront autour de cette extraordinaire aventure avec les élèves et les parents.

Pour ce faire comment ne pas inviter un ensemble venu spécialement des Amériques ? Grâce au savoir faire incontesté des Chemins du Baroque, nous pourrons organiser cette belle et symbolique manifestation avec l’ensemble des indiens Moxos.


DATE : Mercredi 11 Mai / 10h

INTERVENANTS

Damien PARMENTIER, Historien
Ensamble MOXOS

DESTINATAIRES
RESERVE AUX SCOLAIRES

Collège Vautrin Lud Sr Dié
Collège A. Malraux - Senones

voir action scolaire scolaires





Ensamble Moxos




PROGRAMME
Pasión y Muerte de N.S. Jesucristo

Musiques des archives coloniales de Bolivie, XVII & XVIII siècles

Jeudi Saint

(Trois Chants pénitenciels anonymes traditionnels)

Dulce Jesús mio, Aquél Monte, Gracias a Dios

Vendredi Saint

PASSION DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS CHRIST (anonyme 18è siècle)

Sinfonia (Sonate chiquitaine VIII)

Adoramus te, Christe choeur

Spiritus ori nostri soprano solo

Circumdederunt soprano solo

Ave Rex choeur

Faciem meam soprano solo

Omnes videntes duo soprano et ténor

O vos omnes choeur

Pater in manus tuas soprano solo

Iesus autem choeur

Vere languores soprano solo

Te ergo quaesumus choeur

Samedi Saint

MESSE DE RÉSURRECTION Misa « Mo Domingo » attribuée à Giovanni Bautista Bassani)

Kyrie - Gloria - Sanctus

Dimanche de Pâques

JOUR DE RÉSURRECTION anonymes et traditionnels à Moxos

Verset trinitaire - Danse des Macheteros - Carnavalito


À PROPOS DU PROGRAMME

 Le nouveau projet artistique de l’ensamble Moxos pour cette tournée européenne a été axé sur la reconstitution d’une oeuvre qui, bien qu’éditée voici un certain nombre d’années, n’avait jamais été recréée dans sa totalité mis à part un certain nombre de fragments, Pasión y muerte de N.S. Jesucristo conservée dans les archives missionnaires des Moxos.

On sait que la vie du Christ culminant avec sa mort sur la Croix a été un thème privilégié de méditation et sources d’inspiration pour les artistes pendant l’époque coloniale en Amérique. Le rôle évangélisateur des liturgies, prières et chants sacrés depuis le Mercredi des Cendres jusqu’au Samedi Saint favorisait la prière partagée de croyants indigènes particulièrement réceptifs aux sentiments d’humiliation, d’abandon, de trahison qui évoquaient pour eux non seulement un lointain passé, mais également et surtout, leur propre situation présente.

La première édition ne contenait pas la partie de second violon absente de la collection de manuscrits et dont la copie (sans doute datée de 1900) fut retrouvée en 2006 dans la communauté Coquinal, en plein coeur du territoire Indigène du Parc National Isiboro Sécure par les responsables de l’école de musique locale.

À la différence de la majorité des copies postérieures à l’expulsion des jésuites (1767) qui contiennent généralement de nombreuses erreurs, celle ci est plus fidèle et d’une très bonne calligraphie. De toutes façons, la correction non seulement de la ligne de second violon mais également des autres parties, a été une tâche dont il fut facile de se sortir honorablement.

À l’instar d’un tel office en Europe à la même époque, la structure de l’oeuvre fait alterner interventions solistes et du choeur. Les textes bibliques et liturgiques en constituent la base. Le chant de pénitence « Dulce Jesus mio » n’est pas celui qu’avait interprété le groupe lors de sa dernière venue en Moselle (et qui provenait, lui, des archives voisines de Chiquitos) mais une oeuvre éponyme remplissant la même fonction liturgique sous forme d’une séquence de versets solistes intercalés entre une ritournelle chorale sur une seule ligne mélodique.

La Misa Mo Domingo appartient à un ensemble d’offices attribués au compositeur italien Giovanni Battista Bassani, conservé dans les archives missionnaires de Chiquitos. Enfin les dernières pièces et « carnavalito » (petit carnaval) ont été recueillies auprès des communautés Tipnis*1 dans le cadre du travail d’enseignement de l’école de musique que dirige Raquel Maldonado, consacré à la collecte des musiques traditionnelles. Ces oeuvres sont très représentatives du patrimoine oral, d’autant qu’elles favorisent l’improvisation et la spontanéité de chaque musicien. La force des métissages et des éléments natifs prend ici tout son sens !



CETTE ACTION EST RESERVEE AUX ELEVES DES COLLEGES

ACTION SCOLAIRE

RENCONTRE AVEC L’ENSAMBLE MOXOS (Bolivie)

La Bolivie, quelques données

À la différence des États-Unis (qui sont beaucoup plus haut, au nord du Continent américain) et où l’on parle la langue anglaise, tous les pays qui sont au sud ont été conquis d’abord par l’Espagne, puis par le Portugal dans le cas du Brésil. On y parle donc soit l’espagnol soit le portugais ; deux langues qui sont nées du latin. C’est pourquoi, pour ces pays, on parle « d’Amérique Latine », les géographes y intégrant généralement le Québec et la Louisiane, contrées francophones, donc également « latines ».

Découverte à partir de 1492 par les navigateurs espagnols, ce que nous appelons l’Amérique latine,
Brésil mis à part, était gouvernée par les souverains d’Espagne dont le plus célèbre fut l’empereur Charles Quint. Il y a un peu plus de deux siècles, cette période coloniale devait prendre fin avec une première révolution au Mexique en 1810 suivie, successivement de mouvements d’indépendance dans tous les autres pays.

Et parmi ces pays : la Bolivie, pays qui compte 10 millions d’habitants vivant soit dans la partie de l’Altiplano (plaine très élevée au pied de la Cordillère des Andes), soit à la lisière de la Forêt amazonienne. Aujourd’hui encore, la Bolivie reste un pays très pauvre bien que le sous sol soit très riche en matières premières (gaz naturel, pétrole, lithium, étain etc.).

Mais s’il reste encore pauvre au plan économique, ce pays extraordinaires est d’une richesse culturelle exceptionnelle du fait de la diversité de sa population composée de 55% d’autochtones et d’autant de cultures. D’ailleurs la constitution bolivienne de 2009, promulguée sous l’impulsion du président Evo Morales, reconnaît 37 langues officielles.

La capitale de la Bolivie est la ville de Sucre, bien que tout le monde s’accorde à reconnaître ce rôle à la ville de La Paz (la Paix), véritable centre politique du pays.

Les Indiens Moxos

Les Indiens Moxos (prononcer « Mojos » avec la jota) sont un peuple indigène (appellation qu’ils revendiquent haut et fort) vivant dans des lagunes autour du rio Mamoré, au nord de la Bolivie.
Leur langue est proche de celle des Arawaks. D’abord soumis aux Incas, ils repoussèrent les espagnols en 1564 mais accueillirent les missionnaires jésuites un siècle plus tard. Et c’est alors que débuta l’extraordinaire aventure racontée (entre autres) par le film « Mission » de François Joffé,
dans le cadre du développement des fameuses « Réductions jésuites de l’Amazonie ».
S’ils pèsent peu en regard des autres Nations Indiennes qui composent la Bolivie d’aujourd’hui (la population moxenienne serait actuellement de l’ordre de 30.000 personnes), c’est néanmoins chez eux que subsiste un patrimoine musical édifié conjointement avec les jésuites au XVIIIème siècle, attribué souvent au compositeur mythique Domenico Zipoli, mais dont nous savons désormais qu’il fut majoritairement composé par les Indiens et jalousement préservé jusqu’en ce XXIème siècle dans la mémoire collective ainsi que dans ces coros celestiales (chœurs célestes) qui perdurèrent
dans la région de San Ignacio Moxos jusqu’à la fin du siècle dernier.

Et l’Ensamble Moxos constitue le prolongement de toute cette histoire d’un baroque musical à la fois populaire et authentique. L’histoire que ces jeunes musiciens est doublement étonnante puisqu’il leur a fallu souvent construire certains de leurs instruments, apprendre à maitriser les langages musicaux élaborés venus d’Occident, sans pour autant perdre leur propre culture, et enfin d’avoir su recueillir de la bouche même des vieillards derniers détenteurs de la tradition orale vieille de trois siècles, les chants venus en droite ligne des « Missions jésuites de l’Amazonie ».

Le contexte historique en Europe, et « baroque » ques aco ?

En France, c’est l’époque du règne de Louis XV. la musique tient une place très importante : aussi bien pour les grandes fêtes (musique profane) que pour les cérémonies religieuses (musique sacrée) ; et l’on a vu se développer sous le règne précédent de Louis XIV, le genre de l’opéra qui avait été inventé par les italiens au siècle précédent. Les italiens qui eurent toujours beaucoup d’influence sur le développement
des arts en France, et plus particulièrement dans le domaine de la musique.

Pourquoi baroque ?

Il y a plusieurs explications. Mais il n’est pas impossible que la bonne nous vienne peut-être justement d’Amérique Latine et, cette fois, du Brésil. Là bas, la « baroquisation » de l’huître perlière signifie une maladie qui provoque la déformation de la perle qu’elle contient et qui devient méconnaissable sous l’accumulation de concrétions calcaires.

Alors comment rapporter cela à la musique ? Tout simplement parce qu’une mélodie, une chanson toute simple va à cette époque se surcharger de tellement d’ornements qu’elle en devient parfois méconnaissable. On retrouvera naturellement ce procédé dans tous les arts de cette époque ;
que ce soit l’architecture, la peinture, la statuaire, la littérature et même les jardins.

En fait ce n’est pas compliqué : « baroque » signifie « compliqué » !

Moyens sonores & instruments de musique

À la différence de la plupart de nos ensembles européens, divisés entre chanteurs (choristes et / ou solistes), les musiciens de Moxos sont à la fois l’un et l’autre alternativement, voire danseurs lorsqu’il s’agit d’interpréter les fameuses danses de macheteros (les porteurs de machettes) traditionnellement présentes à la fin de chaque représentation.

La base de l’instrumentarium est évidemment celle de l’Europe baroque (violons, violoncelles, orgue, clavecin etc.), mais on voit également apparaître les instruments autochtones : le violin de tacuara fait de bambou, les spectaculaires bajunes, gigantesques flûtes de Pan en feuilles de de palmier tropical, et naturellement, les petites percussions utilisées également dans la musique populaire.

On remarquera enfin les costumes à la fois très simple mais rehaussés par des objets ou des parures renforçant l’aspect cérémonial et évitant toute caricature « folklorisante ».

Proposition musicale en milieu éducatif

Il convient tout d’abord de clarifier une chose importante : le rapport entre les musiques interprétées par les musiciens de Moxos et leur contexte religieux à la fois d’origine (les missions jésuites) et toujours a
ctuel (les Indiens Moxos étant toujours de fervents catholiques). Si ce rapport apparaîtra plus pleinement lors des concerts publics - « Passion indienne » ou la reconstitution d’une Semaine Sainte dans une mission jésuite, du Vendredi Saint au Dimanche de Pâques – la rencontre avec les publics jeunes,
sans pour autant dissimuler les sources culturelles et religieuses de cet ensemble portera exclusivement
sur les aspects de découvertes sonores, d’instruments, de couleurs. Il en résultera un envoutant
spectacle où musique, chants, danses et costumes rituels transportent ses témoins dans le temps et l’espace, combinant les œuvres apportées d’Europe, ici miraculeusement ressuscitées, avec les
chants des oiseaux et les bruits de la jungle.

Alain PACQUIER

Février 2018

CONFERENCE + CONCERT
RESERVE AUX SCOLAIRES
Musée Pierre Noël -

A propos de la
Cartographie des amériques
à Saint-Dié


Damien Parmentier festival des Abbayes

15h | Damien Parmentier :
[ Docteur en histoire des civilisations ]
« La cartographie, Saint Dié et l'Amérique »