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LES JARDINS MUSICAUX
Le Ballet comique de la Reine festival des abbayes

FETES NUPTIALES, conférences, bal et concert

FETES CHAMPETRES, foire champêtre et musique

29 juin

30 juin

abbaye - Moyenmoutier

réservez

Notre Dossier
Ballet comique de la Reine

textes

conférences

restauration

ateliers



FETES NUPTIALES

Vendredi 29 juin / 14h à 23h


A PARTIR de 13h 30 - ACCUEIL

14h - CONFERENCES et ANIMATION DANSEE

4 conférences et une conférence dansée
Le Balet comique de la Royne a valeur fondatrice, dans le développement des arts de cour en France à la fin du XVIe siècle, à plus d’un titre...

lire la suite / les conférenciers


18h30 - RESTAURATUION AVANT CONCERT
réserver auprès de LocaDévore, FoodTruck produits du terroir pour être servit au plus vite
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ou en ville



20h00 - PREAMBULE AU BALLET
ATELIER DE DANSE
Musiques et danses de la Renaissance pour tout le public.

Tout démarre dès 20h, les sujets du roi se rassemblent sur le parvis et apprennent des pas de danses.avec Compagnie Outre Mesure

...Et avec toute l'équipe du Ballet Comique...

cette première étape s'enchaîne avec vers 21h
LE GRAND CONCERT DU
LE BALLET COMIQUE de la REINE


ENSEMBLE DULCIS MELODIA (musique)
LES LUNAISIENS (solistes)

LE CHOEUR DE LA MAITRISE DE LA CATHEDRALE DE METZ (chanteurs choeur)

COMPAGNIE OUTRE MESURE (danse)
COMPAGNIE THEATRE UNIVERSITAIRE

CECILE HUET mise en scène
FRANCOIS KLEIN éléments décor
la distribution

RETRANSMISSION SUR GRAND ECRAN 
POUR TOUS (gratuit)

Et pour ceux qui ne pourraient entrer...retransmition extérieure du ballet Comique avec une équipe de 5 caméramens...


23h00 - BAL FINAL de SOIREE


Compagnie Outre Mesure

Jean-Marie Belmont : danse.

Pascale Boquet : luth & guiterne.

Nadia Boissard : danse.

Anne Dumont : sacqueboute.

Robin Joly : danse, flûtes à bec, hautbois, bassons, chorégraphies, maître de danse & direction artistique

Gwinnevire Quenel : chant & flûtes à bec.

Adrien Reboisson : flûtes à bec, hautbois & bassons.

Ana Yepes : danse & castagnettes.

Avec la participation :

> Ensemble chorégraphique Compagnones Studiantes

Marie-Jeanne Blattlin, Francis Boissard, Sylvie de Clermont, Francine Poulizac.
> Ensemble chorégraphique Chorea Ficta

Isabelle Battais, Juliette Capdevielle, Morgane Cartier, Dominique Dalaine, Annie Fabre-Achermann, Nelly Hellal, Armelle Peyratout & Cécile Spiral.






11h - OUVERTURE...
DES JARDINS MUSICAUX



DULCIS MELODIA



ORCHESTRE + / AVAL'ANCHE
Compagnie Outre Mesure festival des abbayes


UNION VOSGIENNE DES 
BATTERIES FANFARES


Foire aux plantes festival des abbayes

COMPAGNIE OUTRE MESURE


BAL NOCTURNE

FETES CHAMPETRES

samedi 30 juin / 11h - minuit



FOIRE MUSICALE AUX PLANTES
MARCHE ARTISANAL

Des étudiants du Conservatoire de Nancy

Les élèves de Céline Jacob, Jérôme Mondésert,

et Norbert Bohlinger vous proposent découverte et écoute musicale au long de la journée.

Solistes de la Maîtrise de Metz
chants Renaissance

L'ensemble Quatouristes

Foire aux plantes festival des abbayes




PLANTES & VANNERIE

Les musiciens de Dulcis Melodia,
Compagnie Outre Mesure, les danseurs de Compagnones Studiantes,
Chorea Ficta ...
chant renaissance avec les chanteurs de la Maîtrise de Metz
et bien d'autres encore seront en action durant la journée


Valérie Testu


INSCRIVEZ VOUS :
LES ATELIERS ...

Orchestre Symphonique de Saint-Dié-des-Vosges

Direction : David Hurpeau

Quintette Aval’anches

Marie Balland, Margaux Erhet, Elodie Lefebvre, Aurore Kuntz & David Grosjean

« Ensorcellés »

Création 2018
« Area », création de Samir Amarouch, Ravel, Wagner…

info+

Union Vosgienne des Batteries Fanfares

Ludovic Lemasson direction
«Echos de la Renaissance»

Composition pour le festival et adaptation de l’ensemble à la période Renaissance.
Compositeur : Jean-Jacques CAPLIER

Cette œuvre est composée de 3 danses de la Renaissance

TISSAGE NATUREvoir 
TISSAGE-BALADE NATUREvoir


ASSOCIATION - ECHANGE...voir


Le Conservatoire Olivier Douchain de St Dié et Lydie-Académie de danse d’Epinal
se réunissent, samedi 30 juin, pour vous proposer une représentation à l’image des bals de renaissance. Cependant, mener un tel projet, sous le haut parrainage de Circé, c’est prendre le risque que la magicienne s’invite à la danse, y provoque troubles et désordres et mêle différents styles de danse pour le plaisir et l’amusement des spectateurs.

Le Conservatoire Olivier Douchain
tablissement d’enseignement artistique intercommunal, s'est associé avec l'académie de danse et ont particulièrement élaboré un projet autour de la musique Renaissance...

Le Collège andré malraux, Pascale Manigaud, les Nez Rouges...
Secptacle de danses, d'acrobaties, de cirque créé et interprèté par les enfants...autour de Circé bien entendu.


CONCERT SUIVI D'UN GRAND BAL RENAISSACE POUR TOUS
"Jouyssance vous donneray"

> Ensemble chorégraphique Compagnones Studiantes

Marie-Jeanne Blattlin, Francis Boissard, Sylvie de Clermont, Francine Poulizac.

+ Ensemble chorégraphique Chorea Ficta

Isabelle Battais, Juliette Capdevielle, Morgane Cartier, Dominique Dalaine, Annie Fabre-Achermann, Nelly Hellal, Armelle Peyratout & Cécile Spiral.

Encadrés et accompagnés par des artistes professionnels de la Compagnie Outre Mesure :

Jean-Marie Belmont : danse.

Pascale Boquet : luth & guiterne.

Nadia Boissard : danse.

Anne Dumont : sacqueboute.

Robin Joly : danse, flûtes à bec, hautbois, bassons, chorégraphies, maître de danse & direction artistique

Gwinnevire Quenel : chant & flûtes à bec.

Adrien Reboisson : flûtes à bec, hautbois & bassons.

Ana Yepes : danse & castagnettes.


3 intermèdes musicaux et chorégraphiques de la Renaissance d’une vingtaine de minutes.

Plongez dans une Renaissance contrastée, subtile et raffinée. Vous découvrez l’univers des plaisirs et des divertissements présents dans les salons des cours royales et princières. En ce sens, il n'y a pas de scénario précis, mais vous appréciez une succession de danseries qui alterne des musiques dansées & à écouter, des danses à caractères graves, légers … hautes & basses, des instruments hauts & bas …

Voici donc un spectacle où Branles en forme de ballets, Mascarades, Bassedanses, Tourdions, Pavanes, Gaillardes, Voltes, Allemandes & Saltarelles seront servis par cinq musiciens ménétriers et deux couples de danseurs qui, tour à tour, vous proposeront des diminutions, des ornements, des variantes, des improvisations…

20h30 : Bal Renaissance avec la Compagnie Outre Mesure.


RENCONTRES BIO...ET TOUR EN CALECHE
PRODUCTEURS LOCAUX
....
RESTAURATION
REPAS TERROIR
Foire aux plantes festival des abbayes

PROMENADE


LES PARTICIPANTS


ARTISANAT / ATELIER


Valérie TESTU Vannerie


Mireille GUENIOT vannerie


Estelle LANIOL
création de papillons et coccinelles en tissu


Josiane COQUET La Farandole des Tabliers
tabliers de jardin


HELLE Marie musée du textile
tissage de végetaux
VENTRON


Les champs grand-mère
Judith LOTT savons artisanaux

TRANSFORMATION BIO.


Les jardins des hauts de Salm

Blandine MAIRE confiture sirop…


Mets et mots sauvages
Nathalie OBRECHT
cuisine autour des plantes sauvages


La ferme aux herbes plantes médicinales et aromatiques, huile, vinaigre,sirop


Plantes médicinales et aromatiques

Marianne WOLF


La safranière de Pierrier LAURENT
Céline safran, produits dérivés, tisanes


ACONAT huiles essentielles
et produits de beauté


L’OPERCULE - Brasseur
Damien Froment


Sarah HOLZMANN miel



PEPINIERES / EXPOSANTS PLANTES & FLEURS


Philippe BARADEL
pépiniériste


EXOTIK
plantes carnivores


Abbaye d'AUTREY
plantes et arbustes


Ecole Horticulture et Paysage ROVILLE AUX CHENES


BOMBYLIUS
conseils en aménagt ext durables et biodiversités
VINCENT Mathilde


Croqueurs de pommes des Vosges déodatienne
FORTERRE Raymond


DIVERS.

Troc de graines
Saint Prayel animation


LE NEUF librairie

MARSAL Françoise


Nature et Progrès
Patrick et Anne Marie THIEBAUT PARISOT


RESTAURATION


Emmanuel SERTELET salaison traiteur


Loca Devore


SUIVEZ REGULIEREMENT 
CETTE PAGE



CONFERENCES ET RENCONTRES /14h
PRESENTATION
Le Balet comique de la Royne a valeur fondatrice, dans le développement des arts de cour en France à la fin du XVIe siècle, à plus d’un titre : non seulement il s’agit du premier ballet de cour « moderne », bénéficiant du savoir-faire italien de son maître de cérémonie qui l’acclimate à la cour de France, l’Italien Balthasar de Beaujoyeux, mais il fait dès l’année suivante l’objet d’une très riche publication, avec musique, pièces poétiques, description des chorégraphies et gravures somptueuses, qui en ont fait un objet d’étude unique, du point de vue des arts du spectacle, de l’histoire et de l’histoire littéraire, du point de vue politique et du point de vue de la rhétorique mythologique et symbolique très complexe qu’il déploie : toutes les énigmes qu’il sous-tend sont loin d’être encore élucidées.

A ce titre, il est bien connu des chercheurs, surtout anglo-saxons au demeurant, auprès desquels il fait l’objet d’un intérêt croissant ces dernières décennies ; pour autant, ces intérêts sont compartimentés entre les spécialités de ceux qui l’étudient, et surtout, l’étude en est livresque d’abord. La nouvelle création qui en est donnée en Lorraine à partir de l’été 2018, apparaît comme une occasion exceptionnelle de rassembler enfin autour des artistes, sous la forme d’une rencontre ouverte à tous, les spécialistes de différentes disciplines et de les inviter à dialoguer sur le vif autant qu’à éclairer, auprès du public, les nombreuses facettes de cet objet patrimonial majeur, qui contribue au rayonnement scientifique international de la Lorraine.


Conférence n°1
Alain Cullière

"Le séjour du duc de Lorraine Charles III à Paris à l'automne 1581".

Alain Cullière est professeur de langue et littérature françaises du XVIe siècle à l'université de Lorraine (émérite) et à l'université de Luxembourg. Ses nombreux livres et articles portent sur l'histoire littéraire et artistique du duché de Lorraine, de la seconde moitié du XVIe siècle à la première du XVIIe siècle, ainsi que sur le théâtre et la poésie en langue française à cette même période.


Conférence n°2
Anne Spica

"La mythologie et l'éloge royal à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle"
Anne Spica est professeur de langue et littérature françaises du XVIIe siècle à l'université de Lorraine. Elle travaille sur les appareils symboliques et allégoriques en Europe, XVIe-XVIIIe siècles.



Conférence n°3 - conférence avec démonstration dansée

Robin Joly
docteur en musicologie avec une thèse sur la choréologie Renaissance, chorégraphe, danseur, musicien & directeur artistique de la Compagnie Outre Mesure.

Ballet de Monseigneur Le Duc de Vendôme : proposition d’une chorégraphie Renaissance sur
« l’alphabet druidique ».

Clefs de lecture chorégraphiques & choréologiques sur la composition de cet essai de reconstitution de ballet géométrique : partage en immersion avec douze danseurs.



Conférence n°4
Vincent Dorothée

"Les enjeux, le fonctionnement et le lieu du ballet de cour, du Ballet comique de la Reine à Molière"

Professeur d'histoire des arts à l'ENSAAMA Olivier de Serres (Paris XV), Vincent Dorothée prépare une thèse sous la direction de Colette Nativel (Paris I) intitulée "Les arts du spectacle à la cour de Lorraine: nature, statut et rôle au sein des échanges européens au début du XVIIe siècle"; il a publié divers articles sur l'art du ballet à la cour de France au XVIIe siècle.



Conférence n°5
René Auclair
Si le "Balet comique" m’était conté

Musicologue - Spécialiste de l'édition et de musique lorraine
Responsable du CLIREM




LE BALLET COMIQUE DE LA REINE

Voici plus de 5 années que le sujet du Ballet Comique de la Reine préoccupe le CLIREM, moment important pour l'histoire de la musique et d'une certaine façon pour la Lorraine. En voici quelques éléments et possibilités de vous informer.
2018 Le Balet comique de la Royne (1581)

Cette œuvre présente un double intérêt musicologique et patrimonial lorrain. Elle fut créée en 1581 à Paris en l’Hôtel de Bourbon à l’occasion du mariage de Marguerite de Lorraine-Vaudémont et d’Anne de Joyeuse, favori du roi de France Henri III.

Dès 1582, paraît sous la signature de Balthasar de Beaujoyeux – qui en est non « l’auteur » mais le maître d’œuvre – une description complète, indiquant tout aussi bien les circonstances dans lesquelles l’œuvre a été commanditée et imaginée et la raison de son titre, que le nom des personnes qui y ont concouru ou que le détail des décors ou de la musique.

La commanditaire, ce texte le dit explicitement, fut Louise de Lorraine-Vaudémont, reine de France et épouse d’Henri III, demi-sœur de la mariée et née au château de Nomeny en 1553.

Dans le contexte, notamment italien, des « intermèdes chantés et dansés » de l’époque, ce « balet comique » réunit, sur un argument littéraire évoquant Circé la magicienne, un orchestre, des chanteurs solistes, des chœurs, une mise en scène et des convives qui, non contents de faire ripaille, exécutent un ballet : nous avons tous les éléments constitutifs de l’opéra, quelques décennies avant le premier grand modèle du genre : l’Orfeo de Monteverdi.

C’est donc avec raison que la plupart des histoires de la musique placent ce Balet comique de la Royne à l’origine de l’opéra et c’est avec raison également que la Lorraine peut s’enorgueillir d’y avoir sa part en la personne de sa commanditaire, Louise de Vaudémont, fille de Nicolas, régent de Lorraine, fils du duc Antoine.

La transcription en notation moderne de toutes les pièces musicales qui figurent dans la relation de Balthasar de Beaujoyeux est déjà réalisée et prête à être exécutée.

René Auclair
Responsable de recherche
CLIREM

Vous trouverez sur le site de la BNF le Document qui présente ce livret du Balet comique de la Royne.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86083002/f1.image

Le vendredi 29 juin, à partir de 14h, des conférences seront données à l'abbaye de Moyenmoutier sur le sujet.

Ces conférences seront suivies du concert "réactualisé " donné dans le cadre du Festival des Abbayes
Vous en trouverez ci-dessous les éléments artistiques




TEXTES DECLAMES ou CHANTES DANS L'ORDRE DE LEUR APPARITION
DANS LE BALLET COMIQUE

Harangue du gentilhomme fugitif, au roy
(Déclamation par Ted London)

Tousiours quelque malheur fatalement s’oppose
Contre ce que le Ciel, fauorable, dispose
D’enuoyer aux mortels, & l’homme qui conçoit
Trop grand desir du bien, par l’espoir se deçoit.
Ie voulois le premier annoncer la nouvelle,
Que la saison de fer inhumaine & cruelle
Changeoit en meilleur siecle, & que les Dieux venoyent,
Qui auecque Saturne au monde se tenoyent,
Familiers des humains demeurer en la France,
Pour l’orner à iamais de paix & d’abondance.
Mais qu’ay-ie rencontré (ô Dieux !) en approchant ?
Dieux ! destournez le mal dessus son chef mechant.
Ce n’estoit vne femme : vne qui l’air respire
N’a point tant de beauté, & si n’a point tant d’ire.
Dans ses yeux égarez un soleil reluisoit,
Yeux où l’Amour caché ses traicts d’or aiguisoit,
Son teint estoit de lys & de pourpre de rose :
Mais sous tant de beauté la poison estoit close
Du miel, qui de sa bouche en paroles couloit
Pour amorcer le cœur de ceux qu’elle vouloit.
Si tost que ie la vey, ie vey presque ma vie
Auec ma liberté tout aussi tost rauie.
Elle, de ses plaisirs qui eut quelque souci,
Cheminant deuers moy me vint parler ainsi :
Arreste, Chevalier, ne crain point, & t’approche,
Et si tu n’as le cœur faict de bois ou de roche,
Cede sans resister, cede aux loix de ce Dieu,
De cest archer ailé qui domine en tout lieu,
A qui (peut estre) en vain tu ferois resistance :
Car il domte les Dieux subiets à sa puissance,
Ainsi que maintenant ses traicts aigus ie sens,
Et de tes yeux vaincüe à toy seul ie me rens.
Ie sçay que ie ne suis indigne d’estre aimee,
Moy Circe en tous endroits par mes arts renommee,
Moy qui me peux des Rois les sceptres asservir,
Moy qui des hommes peux la volonté ravir,
Qui changez de leur corps en forme monstrueuse
Souffrent comme il me plaist ma prison rigoureuse :
Et dedans mon palais faict de marbre quarré,
Paué de diamant, par le plancher doré,
Plein de meuble orgueilleux pour mon commun usage,
Ie me sers seulement de Nymphes au mesnage,
Nymphes race des bois, & des petits ruisseaux,

Et des fleuues profonds qui font couler leurs eaux
Au giron de la mer, & de leurs flots esveillent
Les Nereides sœurs qui chez Tethys sommeillent :
Ie ne ueux de ma verge en monstre te former,
Tu as quelque destin qui me force à t’aimer,
Vien posseder mes biens, vse de mes richesses,
Et tout ainsi que moy sers toy de ces deesses.
Ie suiuy : car il n’est de plus puissant lien
Que l’apprehension des plaisirs & du bien.
Là ie viuois heureux (si heureux se doit dire
Celuy par les plaisirs qui se laisse conduire)
Quand vn mauuais Destin, Destin plein de rigueur,
De haine & de soupçon enuenima le cœur
De Circe en un moment contre moy coniuree,
Qui me frapa le sein de sa verge doree,
Et en corps de Lyon mes membres transforma,
Et entre ses troupeaux dans vn parc m’enferma :
Mais quelque occasion adoucit la sorciere
Qui m’a faict retourner en ma forme premiere.
Or pour ne retomber sous ses cruelles loix
(Qui ose se fier aux charmes tant de fois ?)
I’ay voulu me sauuer tandis qu’elle est montee
Au feste d’une tour de soupçon agitee,
Qui la fait de ses arts desia se desfier,
Où elle va de loin les nymphes espier,
Afin de les charmer par magique cautelle
Et les garder de voir ce Roy, qui les appelle
Dedans un temple en France, auec les autres dieux
Qui le siecle doré font retourner des cieux.
Plus qu’un cruel Aspic, à qui d’une houssine
Le berger en fuyant de loin brise l’eschine,
Elle a l’œil enflambé, & la peur qui combat
Son espoir soupçonneux, la poictrine luy bat.
A ce Roy, qui des Dieux a la defense prise,
Ie viens d’un viste pas deceler l’entreprise,
Et contre ceste Circe aide luy requerir.
Ne veux-tu pas, grand Roy, tant de dieux secourir ?
Tu le feras, Henry, plus valeureux qu’Alcide,
Ou celuy qui tua la Chimere homicide :
Et pour tant de mortels & Dieux que tireras
Des liens de la Fee, immortel te feras,
Et la posterité, qui < t’aura en exemple >,
De verdissant laurier couronnera tes temples.



Complainte de Circé ayant perdu un gentilhomme
(Déclamation par Joséphine Peduzzi)

Ie le poursuis en vain : il fuit sans esperance
De le reuoir iamais reduit en ma puissance.
Las ! Circe, qu’as-tu fait ? iamais tu ne deuois
En homme reformer celuy que tu auois
Privé de la raison. Peu fine & peu rusee
Circe, helas ! qui deviens par ta faute advisee.
Ce libre fugitif sans crainte s’en ira,
Et par tout, à ton dam, ta honte publira.
En vain à tes captifs des charmes tu appliques,
Tu les changes en vain par murmures magiques
Puis que tu es muable, & puis que la pitié
Et rigueur ont de toy chacun’ une moitié.
Folle & folle trois fois, Circe, folle & legere,
Qui crois qu’un qui reprend sa figure premiere
Te vueille aimer apres, & se laisse abuser
Des plaisirs quand il peult de la raison vser !
Oste ceste pitié qui te rend variable.
Le bien deuient malfaict quand il est dommageable.
Suy ton seul naturel : L’ire & la cruauté
Ce sont tes mœurs, qu’un autre ait propre la bonté.
Sus sus, despouille toy de si foible courage,
Et arme toy le cœur de serpens & de rage :
Que nul que tu auras de ta verge frapé
Se vante d’estre apres de ton ioug eschapé.


Chanson des sereines
(Chœur de la Maîtrise de la cathédrale de Metz, ensembles instrumentaux Dulcis Melodia et Compagnie Outre-Mesure)

Ocean pere chenu,
Pere des Dieux reconnu,
Ia le vieil Triton attelle
Son char qui va sans repos,
Irons-nous sortans des flots
Où ce Triton nous appelle ?
Allez filles d’Achelois,
Suiuez Triton qui vous appelle,
A sa trompe accordez vos voix
Pour chanter d’un grand Roy la louange immortelle.
On voit de la mer sortir
Et auec Tethys partir
Le chœur des sœurs Nereides :
Doris d’vn soing diligent
De Tethys aux pieds d’argent
Peigne les cheueux humides
Allez filles d’Achelois, &c.
Iupiter n’est seul aux cieux,
La mer loge mille Dieux :
Vn Roy seul en France habite,
Henry, grand Roy des François,
En peuple, en iustice, en loix
Rien aux autres Dieux ne quitte.
Allez filles d’Achelois, &c.
Le lys blanchissant en fleur
Est d’un beau iardin l’honneur,
Le Pin est Roy du bocage :
Sur les autres Roys aussi
Ce grand Roy paroist ainsi
En bon heur & en courage.
Allez filles d’Achelois, &c.
Iupiter a partagé
Les cieux où il est logé,
Et la terre, en parts egales :
Les cieux Iupiter aura,
Et ce grand Roy iouyra
En paix des Gaules loyales.
Allez filles d’Achelois, &c.
Tethys s’arreste à la voix
De Glauque, qui de ses doigts
Touche les nerfs d’une Lyre :
Allons son chant escouter,
Il me semble lamenter,
Et que son dauphin souspire.
Allez filles d’Achelois, &c.



Chant des tritons
Chœur de la Maîtrise de la cathédrale de Metz, ensembles instrumentaux Dulcis Melodia et Compagnie Outre-Mesure

Allons compagnes fidelles,
Avec des fueilles nouuelles
De mauues blanches de fleurs :
Que chacune d’allegresse
Vne couronne se tresse
Au chef parfumé d’odeurs.
Voicy Tethys qui chemine
Dans vne Conque marine
En lieu de son char d’argent :
Elle a sa couronne prise
Pour la donner à Loyse,
Son grand char & son trident.
Nous troupe deuant fidelle
Enuers Tethys l’immortelle,
Fidelles serons außi
A Loyse, qui r’assemble
Toutes les vertus ensemble,
Et doit commander icy.


Dialogue de Glaucus et Thétys
(Fréséric Caton, Basse solo & Camille Poul, soprano solo, avec la reprise des deux derniers vers de chaque strophe par le Chœur de la Maîtrise de la cathédrale de Metz et les ensembles instrumentaux Dulcis Melodia et Compagnie Outre-Mesure)

GL.
Mais que me sert, Tethys, ceste écaille nouuelle
Que ie suis d’un pescheur en dieu marin formé ?
Ie voudrois n’estre dieu, & de Scylle estre aimé,
Pour ne brusler en vain d’une flamme cruelle.

TE.
L’arc d’Amour est victorieux
Contre les hommes & les dieux,
Et de ses traits la blessure à chacun
Qui la reçoit, apporte vn mal commun.

GL.
Moy qui fus immortel, ayant mangé d’une herbe,
Des herbes i’esprouuay la force & le pouuoir :
Pensant quelque secours en amour receuoir,
Ie m’en allay vers Circe enuieuse & superbe.

TE.
Le cœur des flammes surmonté,
N’est point iamais tant irrité,
Qu’il est alors qu’en vain il s’est offert,
Et qu’un refus, honteux, il a souffert.

GL.
Les forests couuriront plustost la mer d’ombrage
Qu’on me puisse du cœur ceste Scylle arracher.
Sus, Dauphin, car ie veux aller Scylle chercher,
Pitoyable Dauphin coupe les flots & nage.

TE.
Circe a ta Scylle par venin
Changee en vn rocher marin
Iusqu’au nombril, & ses pieds abysmez
Dessous les flots, sont en chiens transformez.

GL.
Circe, ialouse Circe, indigne qui te nommes
Fille du Dieu qui tient le grand flambeau des cieux,
Oses-tu maintenant ensorceler les Dieux,
Toy qui soulois deuant ne charmer que les hommes ?

TE.
Les corps en esprit animez
Sont par Circe en monstres formez
Si tost qu’ils ont gousté de sa poison,
Tandis qu’ils sont priuez de la raison.

GL.
Les Dieux ont des humains la priere agreable,
Qui chargent leurs autels d’offrandes & flambeaux.
Escoute moy, Tethys, diuinité des eaux,
Et à moy Dieu marin sois helas secourable !

TE.
Ie n’ay dessus les eaux pouuoir
Ainsi que ie soulois auoir :
Car ceste nymphe a receu de ma main
Dessus les eaux le pouuoir souuerain.

GL.
Et qui est ceste nymphe ? Est-ce une Nereïde ?

TE.
Non : car la mer n’a point telle nymphe conceu.

GL.
Ie sçay bien, c’est Venus.

TE.
Tu es encore deceu.
Elle a chaßé Venus dans ses iardins de Gnide.

GL.
C’est donc Iunon.

TE.
Tu te deçois.

GL.
Est-ce la Iunon des François ?

TE.
Ce n’est Iunon, c’est Loyse, & son nom
Passe en pouuoir tous les noms de Iunon.



Chanson de Mercure
(Jean-Sébastien Beauvais, Haute-contre solo)

Ie suis de tous les dieux le commun messager
Ailé par les talons, variable & leger,
Qui de ce caducee à la Parque fatale
Dans l’abysme profond vais rauir les esprits
Pour les faire reuiure : or quand ils ont repris
Naissance, apres encor là bas ie les deuale.
I’ay aux hommes appris d’obeir à la loy,
Les sciences, les arts, les villes sont à moy,
Et auec les thresors ie donne l’eloquence :
Et pour guarir l’esprit de raison desarmé,
Que, laißé de vertu, les plaisirs ont charmé,
Ie porte le Moly racine d’excellence.
Par elle ie garday qu’Vlysse qui paruint
Aux bors de l’Italie, un pourceau ne deuint,
Enchanté par les arts de Circe la sorciere,
Qui dedans vn chasteau qu’en France elle a basty
En diuers animaux maint homme a conuerty,
Ou des nymphes des eaux ell’ a charmé n’aguiere.
Ceste Circe a les yeux en desir éhontez,
Qui, au premier regard sont de chacun doubtez,
Et Cupidon n’ha point d’amorce plus soudaine :
Mais le plaisir paßé luy deuient odieux,
Les hommes elle rend d’eux mesmes oublieux,
Qui auec la raison perdent la forme humaine.
Les nymphes elle sçait par art assuiettir,
Mais elle ne les peult en monstre conuertir :
Car de leur naturel les Dieux sont immuables :
Elle se fait pourtant par les Dieux reuerer
Les frapant de sa verge, & les fait demeurer
Par charmes sur les pieds, plus qu’vne roche stables.
De ses illusions ie veux l’art deceler :
I’ay faict en eau d’oubly le Moly distiler,
Et par mon art plus fort ie veux le sien défaire.
Ie sçay combien ell’ a de force & de vigueur :
Mais un bien grand peril plaist apres au vaincueur,
Qui s’honore du nom d’un puissant aduersaire.


Harangue de Circé
(Déclamation par Joséphine Peduzzi)


L’homme de l’heur qu’il ha ne peut viure content,
Mais auare tousiours plus de bien il attend :
Son soyn ny ses trauaux d’un but il ne termine,
Du temps mesme ennuyé vn siecle il s’imagine,
Où sans nul exercice on viuoit otieux
Quand Saturne regnoit estant bany des cieux.
Le peuple vagabond poußé de la nature
Comme les bestes sont, prenoit sa nourriture
Des fruits sans cultiuer que produisent les bois,
Et n’auoit que ses mœurs pour polices & lois :
Mais Iupiter chassa ceste morne Paresse,
Des hommes domestique, & logea la Finesse
Dans leur ame grossiere, à fin de l’aiguiser
De soin & de labeur, & les feist diuiser
La terre, qui estoit de soymesme fertile,
Deuant commune à tous, qui fut depuis sterile
Sans le soc aceré, qui son sein n’ouuriroit,
Et ses mortels enfans de fruits ne nourriroit.
Lors la Necessité apprist le labourage,
Et tous les arts apres on acquist par vsage :
Chacun voulut le gain de son art mesnager,
Et par bienfaicts à soy les autres obliger.
Depuis l’Ambition, conduicte des delices,
Changea ce premier viure en mœurs qu’on nomme vices :
Car du nom de vertus on appelle les mœurs
Et les façons des vieux, qu’on estime meilleurs.
Comme si les saisons & les siecles muables
N’estoyent en changement l’un à l’autre semblables.
Toute humaine action procede du desir,
Où l’on est incité ou conduit du plaisir.
Du repos & labeur le plaisir est la guide,
Qui sur les mouuemens des volontez preside :
Et l’action qui plaist & s’exerce en commun,
Sert de reigle de vie & de loix à chacun.
L’on hait pourtant bien tost la coustume presente,
Et des siecles passez tousiours le bruit s’augmente.
Car l’enuie n’a plus sur les defuncts de lieu,
Et l’homme qui est mort est tenu pour un dieu.
C’est ce qui rend encor la memoire honoree
Des hommes qui viuoyent en la saison doree,
Que l’espace lointain des ans fait admirer
Par regret du paßé, & les fait desirer
Par dedain du present : Ainsi chacun s’ennuye
Qui voudroit sans mourir tousiours changer de vie,
Changer ses actions, ore à l’oysiueté
Par inclination de soymesme incité :
Or’ qui se plaist, armé de tempeste & de guerre,

Noyer de sang humain l’eschine de la terre :
En lieu d’antres creusez de mousse tapissez,
Or’ qui veut demeurer aux palais lambrissez
D’un plancher estoilé d’or luisant, qui efface
La clairté des flambeaux du ciel qui tout embrasse.
Seule cause ie suis de tout ce changement
Qui suit de rang en rang, de moment en moment :
Mon pere, sans repos qui se meut & se tourne,
La fin d’une saison d’un nouueau siecle bourne,
Le Soleil fait tout seul ces âges varier.
Ainsi veut le Destin toutes choses lier :
Et les tristes mortels par vœux ny par prieres
Ne sçauroyent impetrer des trois sœurs filandieres
D’auancer ou tarder l’ouurage de leurs mains,
Où auecques le sort des Dieux & des humains
Elles filent aussi la trame des armees,
Qui volent de bonheur ou de mal empennees.
Les deesses des eaux ont voulu preuenir
Naguere le Destin, & faire revenir
En France l’age d’or, où desia l’edifice
D’un grand temple de marbre on bastist à Iustice :
Mais plus fermes que n’est un rocher, de son dos
Au riuage estendu qui repoulse les flots,
Ie les fay demeurer sur le pied immobile
Plus fermes qu’on ne voit pres des murs de Sipyle
Niobe qui ne cesse encore de pleurer,
Qui en heur à Latone osa se preferer.
Ie vais emprisonner ce Mercure volage,
Qui vient, presomptueux, & d’art et de courage
Ces nymphes secourir, & se promet encor
D’auoir quelque pouuoir contre ma verge d’or,
Et rompre mes desseins auec vne racine
Qui seruit à Vlysse un iour de medecine
Encontre mes poisons : Mais Pallas qui gardoit
Vlysse, & non pas luy, mes effets retardoit.
Seule de tous les Dieux ie crains ceste Minerue,
Les hommes de mes arts elle seule preserue.
Mercure vagabond, muable & insensé,
De soudain mouuement deçà delà poußé,
Sans chois & sans conseil est foible & sans puissance,
Si Pallas ne luy donne advis & asseurance :
Ore qu’outrecuidé cest aide il a quitté,
Il est tant seulement plein de temerité,
Vain & presomptueux, & tant s’en faut qu’il puisse
Les nymphes secourir par le Moly d’Vlysse,
Que luy-mesme il sera de ma verge charmé
Et le tiendray vaincu dans ma tour enfermé.



Chant des Satyres
(Chœur de la maîtrise de la cathédrale de Metz, ensembles instrumentaux Dulcis Melodia et Compagnie Outre-Mesure)


O Pan, Diane irritee
S’est des forests absentee
Et tant de nymphes des bois
Qui souloyent dessous leur dance
Presser l’herbe à la cadance
Des doux accords de leurs voix.
Dessus la lyre d’yvoire
Elles chantoyent la victoire
De Iupiter Roy des Dieux,
Armé de foudre & d’orage,
Qui meit des Geans la rage
Sous ses pieds victorieux.
Leur bal estoit delectable,
Et leur voix tres-agreable,
Aussi Phebus la prisoit :
Quand elles chantoyent de France
Les loix, les Rois, l’abondance,
Leur vers tant plus nous plaisoit.
Le chant qui frape l’oreille,
La reiouit à merveille
S’il publie la vertu
D’vn Roy, graue de iustice,
Qui par ses mœurs a le vice
Non par force combatu.

Second chant des Satyres
(Chœur de la maîtrise de la cathédrale de Metz, ensembles instrumentaux Dulcis Melodia et Compagnie Outre-Mesure)



Ces nymphes à nostre voix
Sortent maintenant des bois,
Et Diane l’immortelle
De desplaisir ne se celle.
D’une escharpe de cuir blanc
Elle a ceint dessus le flanc
Sa trousse, & dans un bocage
Va chasser vn Cerf sauuage.
Allez (dit-elle en partant)
Allez, nymphes, tout autant
Que vous estes à ma suite :
Allez, Dryades, bien viste.
Allez, ô nymphes des bois,
Deuers l’honneur des Valois,
De qui la grandeur royale
A celle des Dieux s’egale.


La dryade Opis au roy
(Déclamation par Fanny Mangin)


Ce rameau verdissant, qui en couronne estend
Sa fueille dentelee, & le gland qui nous pend
Sur le front, monstre assez que nous sommes Deesses
Qui viuons aux forests, des vieux chesnes hostesses :
Esprits francs du trespas, qui tenons le milieu
Dans vn corps formé d’air, des hommes & de Dieu.
Qui fait mouuoir les cieux & arreste la terre,
Demeurant en repos, tousiours semblable à soy,
Qui cree la matiere & ordonne la loy
Au severe Destin ouurier de toute chose,
D’ordre continuel que la Parque dispose.
Nous sommes toutesfois sujets aux actions,
Sujets à changement & autres paßions,
Par apprehension que les mortels esprouuent
De haine & de desir, par qui les sens s’esmouuent
Auec l’entendement de pensers agité :
Nostre labeur pourtant suit qualité,
Nostre ouurage est diuin, & le mortel s’applique
Au mesnage priué ou à la republique.
Mais l’esprit qui de soy veut suiure la vertu,
Par l’image du bien est souuent combatu,
Qui sans corruption de forme ou de matiere,
Se lasche au vice, & perd sa pureté premiere.
Ce sont ceux que l’on dit qu’on a par art charmez,
Que les sorcieres ont dans un cerne enfermez
Par vœux & par le sang d’inhumains sacrifices,
Afin de les auoir à leurs crimes propices,
Attirez par l’espoir d’vn honneur qui est vain.
Que pourroit on gaigner d’vn miserable humain ?

Rien qu’vne chose vaine. Ainsi Circe transforme
Les hommes icy pres en figure difforme
D’vn tigre, d’elephant, d’vn grand cerf, ou d’vn ours,
Monstrueux à iamais s’ils n’ont quelque secours.
Les Deesses des eaux, de sa verge enchantees,
Sont deuant son chasteau sur les pieds arrestees
Sans aucun mouuement, sans haleine, ny voix,
Immobiles ainsi qu’vne souche de bois.
Mercure s’est außi laißé combatre & prendre,
Qui de Circe vouloit les Naiades defendre.
Quiconque de l’espoir vainement se deçoit,
Qui craint, & pour conduite autre conseil reçoit
Que de son naturel l’innocence première,
Est aisément vaincu des arts de la Sorciere :
Qui dedans son chasteau de plaisir le seduit,
Et les yeux de l’esprit luy sille d’vne nuit.
Iamais ceste poison d’esperance ny crainte
N’a la vertu du cœur de ces nymphes desteinte :
L’esperance qui fait brusler de vanité,
Comme la crainte fait geler de lascheté :
Qui assaillent celuy qui point ne se contente
De cela que nature en propre luy presente.
Ie suis la nymphe Opis, qui mets dans le carquois
De Diane les traits, ie la suy dans les bois
Et conduis auec moy sa troupe chasseresse,
Aduersaire d’Amour, des Ieux & de Paresse :
Ensemble nous allons, à fin de requerir
Pan, qu’il vienne auec nous ces nymphes secourir.



La dryade Opis au dieu Pan
(Déclamation par Fanny Mangin)


Pan, qui d’vn ferme accord tes Satyres contiens,
Et d’vn nœud eternel les elemens retiens,
Toy qui fais tout changer sans changer de nature,
Donnant incessamment aux choses nourriture,
Toy qui par ordre sçais l’vniuers disposer,
Et à qui nul des dieux n’oseroit s’opposer,
Des nymphes gardien, il n’est temps de te plaire
A sonner de ta fluste en ce bois solitaire.
Ce n’est point Iupiter, ce n’est Neptune aussi,
Ce n’est point vn Geant aux combats endurcy,
Ce n’est le noir Pluton genereux de courage,
Roy des peuples damnez qui commande à la Rage,
A Cerbere, à la Mort, à cent monstres diuers,
Qui ait de son enfer les abysmes ouuers.
C’est, mais la honte, helas en la bouche me presse
Les levres sur les mots : c’est vne enchanteresse,
Circe pleine d’orgueil d’enuie & de desdain,
Qui dedans ce chasteau que tu vois si prochain
Ne tient point seulement des nymphes prisonnieres
Qui viuent dans les eaux : mais ell’ y a nagueres
Mercure aussi mené, où elle tient fermez
Des hommes dans son parc en monstres transformez.
« Il fasche d’estre serf, mais ceste seruitude
« Qu’on rend à vn indigne est plus vile & plus rude.
Ne souffre du grand Tout, Pan, le maistre & le Roy
Que ceste Circe gaigne & conqueste sur toy :
Desia elle s’honore assez de tes trophees
Puis que dans son chasteau elle retient tes fees :
Elle qui peut vuider par sa magique voix
De Naiades tes eaux, de Dryades tes bois.

Réponse du dieu Pan à la dryade Opis
(Déclamation par Sébastien Brongniart)


Tay toy, gaillarde Opis, & toy leger Satyre
Cesse de plus enfler ta musete, & va dire
Aux autres, que le ieu dans ces forests espart,
Qu’ils s’assemblent icy maintenant de ma part :
Et vous Dryades sœurs, des bois troupe diuine,
Ne blesmissez de peur qui vous bat la poitrine :
Asseurez-vous de moy, Nymphes, asseurez-vous,
Que Circe esprouuera le feu de mon courroux.

Chanson des vertus
(Fréséric Caton, Basse solo & Camille Poul, soprano solo, Céline Jacob, violon solo & Pascal Boquet, luth solo avec la reprise instrumentale par les ensembles Dulcis Melodia et Compagnie Outre-Mesure)


Dieux, de qui les filles nous sommes,
O Dieux, les protecteurs des hommes,
Du ciel auec nous descendez :
Dieux puissans suyvez à la trace
Les Vertus, qui sont vostre race,
En la France que vous gardez.
Les mortels m’appellent Prudence,
De l’esprit tres-seure defense,
Qui preuoit les choses par moy :
Quand du ciel ie suis descendue,
Hostesse ie me suis rendue
De la raison de ce grand Roy.
Moy Temperance moderee,
Royne de la saison doree,
Ie l’ay en naissant alaitté :
Qui tournant en propre nature
Mon lait, dont il prit nourriture,
Commanda sus la volupté.
Et moy, i’ay sa poitrine emprainte

Du sage mespris de la crainte,
Dés lors que ma main le berça :
Aussi foudroyant de prouesse,
Auec la fleur de sa ieunesse
Les verds lauriers il amassa.
Il tient pour le droict & le vice
Egaux le loyer & supplice
Dedans sa balance de poix :
Par luy la France est à ceste heure
De moy Iustice, la demeure,
Et le temple honoré des loix.
Il arme ia sa main seuere
Contre ceste indigne Sorciere
Qui charme du peuple les yeux :
Descen Pallas, & ne dedaigne
D’estre la fidelle compaigne
De ce prince victorieux.


Minerve au roy
(Déclamation par Marie Klein)


Dv chef de Iupiter ie sortis toute armee,
Quand la teste on luy eut d’une hache entamee :
De son diuin cerueau ce grand Dieu m’enfanta,
Et luy-mesme en ses bras au plus haut me porta
De l’Olympe estoilé, où ie prins nourriture,
Et pour m’accompagner il me laissa Mercure.
De fort rares presens ie receuz de sa main,
La raison, qui regit l’esprit doux & humain,
Et des vistes pensers il me donna la bride,
Dont sur l’entendement des hommes ie preside.
A Mercure il donna pareillement les Sens,
Freres ailez au dos, plus legers que les vents,
Incertains comme luy, muables & volages,
Qui poussent çà & là le desir des courages,
D’imaginations menant la volonté
Tantost à la vertu, tantost à volupté.
Ceux qui à la vertu par maint labeur paruiennent,
Tousiours en asseurance auecque moy se tiennent :
Des autres qui sans moy ont les plaisirs suivy,
Le penser est d’espoir & de crainte ravy,
Qui sans guide courans du chemin se desuoyent
Et au gouffre profond des delices se noyent,

Sans mourir toutesfois : car l’esprit ne meurt pas
Qui meurt en vne vie, & vit en vn trespas
Priué de iugement, sous la chaisne cruelle
Du plaisir qui l’esprit sans raison ensorcelle.
Tels sont ceux-la qu’on dit que la Circe conduit
Chez elle, & de pensers vainement les seduit.
Or Mercure voyant les nymphes separees
Qui s’estoyent au chemin de la Circe esgarees,
Temeraire, sans moy du ciel est deualé,
A fin de reformer leur corps ensorcelé :
Où luymesme deceu de sa vaine prudence,
Voit que sans la raison bien peu sert l’eloquence
Et le mieleux parler dont il s’estoit armé,
Luy-mesme demeurant en ce palais, charmé.
Grand Roy, le sang des Dieux, Dardanienne race,
De qui sur les cheueux la fleur du ciel s’enlace,
De qui le sceptre d’or des astres est venu,
Sceptre que Iupiter en ses mains a tenu,
Circe en France auiourdhuy reste seule à combatre
D’autres chasteaux pareils ja tu m’as fait abatre :
Ie t’oy ja m’appeler, ie vay, pour te seruir,
Chasteau, charmes, liens, à la Circe rauir.



Minerve à Jupiter
(Déclamation par Marie Klein)


Descen, Pere, icy bas, qui nages dans les flots
De la nue argentee, où ie te vois enclos
Regarder les mortels : fay, pere, qu’elle souure,
Et flamboyant d’esclairs ton visage descouure.
Ie sçay que ie pouvois seule sans t’appeler,
Seure de la victoire, en ce combat aller,
D’vne targe d’acier double sept fois, armee,
Qui du poil venimeux de Meduse est semee :
Cheueux faits de serpens, & du regard fatal
Des yeux elle empoisonne & trempe ce metal,
Faisant glacer le corps en vne pierre dure
De celuy qui la voit, sans changer de figure.
Mais ce faict est aux Dieux & aux hommes commun,
Et tu es, Iupiter, droicturier à chacun.
Car celuy qui n’a point de cause en la querelle

Merite contre luy qu’apres on se rebelle,
Combien qu’il ait vaincu, & que ses ennemis
Flechissant les genoux à luy se soyent sousmis :
Tu as de l’vniuers tout seul pris la defense,
Et celuy commettroit indignement offense,
Presomptueux d’orgueil, qui voudroit aider,
Comme si tu n’estois puissant pour le garder.
Tu sçais bien (car la nuict rien à tes yeux ne cache)
Que Circe n’a iamais de mal-faire relache
Par l’horreur de ses mots de charme enuenimez :
Tonne d’enhaut pour moy de tes traits enflammez,
De ta foudre meurtriere empenne vn noir orage,
Et du lieu diffamé les fondemens saccage.



Musique de la voûte dorée lors de l’apparition de Jupiter
(Chœur de la Maîtrise de la cathédrale de Metz, ensembles instrumentaux Dulcis Melodia et Compagnie Outre-Mesure)


O Bien heureux le ciel qui de ses feux nouueaux
Ialoux effacera tous les autres flambeaux,
O bien heureux encor sous ces princes la terre,
O bien heureux aussy le nauire Françoys
Esclairé de ses feux, bien heureuses leurs loix
Qui baniront d'icy les vices & la guerre,
Qui baniront d'icy les vices & la guerre.


Chant de Jupiter
(Jean-Sébastien Beauvais, Haute-contre solo)


En ta faueur ie viens icy des cieux,
Ie suis du monde, ô Pallas, soucieux :
D’vn œil veillant dessus tous ie regarde,
Dessus les Dieux dedans le ciel enclos,
Sur les mortels qui vivent sans repos,
Et sur l’enfer dont Pluton a la garde
Tout ce qui vit de corps & sentiment
Suiet tousiours à diuers changement,
En vn estat durable ne demeure :
La liaison s’en corrompt & desfait
Et sans perir par apres se refait,
Et prent de moy vne vie meilleure.
Tant de mortels en monstres enchantez,
Nymphes & Dieux que Circe a surmontez,
Doiuent reprendre vne forme plus belle
Quand ils auront retrouué la raison,
Sans craindre plus d’vne indigne prison
Les durs liens, ny qu’on les ensorcelle.
Chere Pallas, fille, regarde moy,
Demeure icy, tu es sœur de ce Roy,
Ce Roy mon fils, fleur du sceptre de France :
Fay des regards de Meduse changer
Ses ennemis, & son peuple ranger
Sous sa loy iuste, humble d’obeissance.


Minerve à Pan
(Déclamation par Marie Klein)


Pan, que sert que tu as en ta garde & puissance
Ce que le ciel enclost, puisque par nonchalance
Tu laisses tout ravir ? Que tu souffres & vois
Circe qui se rempare au milieu de tes bois ?
Qui les nymphes des eaux à ta garde commises
Fait d’vn charme arrester par le chemin surprises ?
Elle, nymphe, qui n’est en rien pareille à toy,
Plante aux bouches de tous vn grand renom de soy,
Pan, iniuste, cruel, remply d’ingratitude,
Depuis qu’elle retient Mercure en seruitude.
Ce Dieu, qui fut berger, reposoit au coupeau
Du haut mont de Cyllene, & paissoit vn troupeau
De grands moutons cornus lainez d’or sur la crope,
Quand seule il apperceut l’Oreade Driope,
Qui de iaunes cheueux auoit le chef doré,
D’elle tout außi tost il fut enamouré :
Driope te conceut de Mercure ton pere.
Et peux-tu, toy des Dieux eternel vitupere,
Blasme du sang du ciel, peux-tu deuant tes yeux
Souffrir sans ton secours qu’on offense les Dieux ?
Qu’vn public deshonneur, vne magicienne,
Ton pere prisonnier indignement retienne ?
« Souvent l’opinion, que le vulgaire bruit,
« Seme vn braue renom, ou du tout le destruit.
Tu as esté par tous en force redoutable :
Si tu veux que l’honneur de ton nom soit semblable,
Il faut en mesmes faits auoir le mesme cœur,
Et ne le laisser point desarmer de vigueur.
« Les actes violents d’vne chaude ieunesse
« Ne sont point estimez pour vertu ny prouesse :
« C’est du temps aduenir l’espoir verd qui fleurit,
« Et fletrit, si le temps en fruit ne le meurit.


Réponse de Pan à Minerve
(Déclamation par Sébastien Brongniart)


Fille de Iupiter, Deesse courageuse
Tant de vertu te fait des autres dedaigneuse :
Ne me reproche rien, ie ne me suis caché
Quand de monter aux cieux les Géans ont tasché.
La gloire incessamment de courage m’anime,
« Mais pour mal conseillé cestuy-là on estime
« Qui se hasarde en vain. I’ay veu Circe arrester
Les nymphes, & Mercure enchanté rapporter :
I’eusse voulu en vain courir à leur defense.
Aux Parques il ne fault faire de resistance.
Nul ne peult, sinon toy (car ie sçay le destin)
Mettre les arts de Circe & ses charmes à fin.


Circé attaquée dans son château
(Déclamation par Joséphine Peduzzi)


Tv vois doncques venir à ce coup coniurez
Ceux qui logent au ciel dans les astres dorez,
Et qui s’arment la main de flamme criminelle,
O Circe, contre toy, Circe nymphe immortelle ?
Non non, ie n’ay de peur mon estomach caché
D’vn bouclier, où le chef de Meduse attaché
Fait soudain transformer les ennemis en roche :
Ie ne le voudrois pas, car c’est vne reproche
Qui rend par tout le nom de celuy diffamé,
Qui se monstre au combat à l’auantage armé.
Si ie veux assaillir, ou si quelqu’vn m’offense,
En moy tant seulement ie cherche ma defense.
Ce Dieu au char doré de qui le front reluit
Couronné de rayons, & par ordre conduit
Le bal perpetuel des estoiles rangees,
Qui fait couler les ans par les saisons changees,
Qui fait de son flambeau tout le ciel s’allumer,
Et peut de Iupiter les flammes consommer :
Ce Soleil tout puissant que nature reuere,
Qui meut cest vniuers, Soleil, qui est mon pere,

Et au monde qui vit donne l’ame & vigueur,
Ne me fait point geler la crainte dans le cœur.
Aussi peux-ie changer des grands fleuues la course,
Et les faire heurter les roches de leur source
De leur front escorné, & la Lune en ces bois
Noircissant la mi-nuict s’est plongé’ maintefois
Quand ie l’ay commandé, ayant la face teinte
De honte, en rougissant, en pallissant, de crainte.
Ie vous peux, s’il me plaist, ie vous peux resister.
Dy moy qui te changea tant de fois, Iupiter,
En aigle & en toreau, en satyre & en cygne,
Confesse-le, vaincueur, il n’est astre ny signe
Qui luise dans le ciel de chaleur animé,
Que ie n’aye son corps en estoile formé.
Ie vous resisteray : que si la destinee
A de ma verge d’or la force terminee,
Ce n’est en ta faueur, Iupiter, ne le croy :
Et si quelqu’vn bien tost doit triompher de moy,
C’est ce Roy des François, & faut que tu luy cedes,
Ainsi que ie luy fais, le ciel que tu possedes.



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